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AICEP
Agência para o Investimento e Comércio Externo de Portugal

CABEÇALHO

À la tête de l’Union européenne depuis le 1er janvier, le gouvernement portugais veut une relance juste socialement, verte et numérique. À l’image de ses jeunes pousses industrielles.

Le hangar se trouve au bout d’une petite route de campagne, bordée par une forêt dense près d’Aveiro, à moins de quatre-vingts kilomètres au sud de Porto, seconde grande ville du Portugal. Une vraie fourmilière.

 

Chez Rodi, ils sont près d’une soixantaine à s’affairer ce matin-là, pour fabriquer des roues de vélos. Créée en 1952, l’entreprise produit aujourd’hui plus de trois millions de jantes par an. Exportées principalement vers l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne.

 

En 2020, l’entreprise a connu une hausse de sa production de 7 %  Avec la pandémie, les gens ont investi dans le logement, et dans les vélos pour pouvoir se déplacer », résume Duarte Bernardo, jeune quadragénaire et directeur des ventes du groupe.

 

Pays volontariste

En 2019, avec 2,7 millions de vélos, le Portugal est devenu le premier fabricant de bicyclettes en Europe devant l’Italie (2,1 millions) et l’Allemagne (1,5 million). Le marché devrait croître dans les quatre prochaines années.

 

Rodi représente un Portugal volontariste. Le petit pays de dix millions d’habitants, situé à la pointe sud-ouest de l’Europe, a pris la présidence de l’Union européenne en pleine tempête du Covid-19, le 1er janvier (le programme du semestre ici).

 

Avec moins de contaminations que ses grands voisins, il en subit néanmoins les conséquences, avec un tourisme en berne.

 

Toutefois, depuis son entrée dans l’UE, en 1986, et même après la crise économique de 2008, le Portugal a misé sur le développement d’un réseau de petites et moyennes entreprises, qui joue aujourd’hui son rôle de digue sociale.

 

Une économie basée sur des PME 

C’est ce genre de tissu industriel, que le gouvernement socialiste aimerait promouvoir dans l’Union :  Une économie basée sur des PME  , a détaillé Augusto Santos Silva, le ministre des Affaires étrangères, dans le Financial Times, plutôt qu’une politique destinée à  développer des champions européens ».

 

Des grands groupes qui se révèlent parfois ingrats en matière d’emplois.  Notre cri de ralliement sera : une relance juste, verte et numérique  , martèle la présidence portugaise.

 

Un slogan à l’image de Lisbonne, nouvel eldorado européen des petites entreprises qui ont misé sur les énergies renouvelables et le digital. Rien qu’en 2018, 7 264 entreprises ont été créées dans la capitale, dont 743 dans le secteur high-tech.

 

Depuis 2014, elles ont levé 200 millions d’euros d’investissements et se sont appuyées sur un système éducatif qui privilégie les formations technologiques. Ce que confirme le patron des vélos Rodi, Duarte Bernardo :  Le pays a une grande connaissance, il y a beaucoup d’ingénieurs très bien formés. D’un point de vue économique, nous sommes compétitifs et il y a un fort appui de l’État. 

 

Le deux-roues, roi de Murtosa

Juste au nord d’Aveiro, Murtosa a fait du vélo, son roi. La petite ville, située sur les bords de la lagune qui donne sur l’océan Atlantique, a développé, depuis 2006, toute une politique autour de ce moyen de transport. Six millions d’euros de travaux pour cinquante kilomètres de pistes cyclables.

 

Januário Cunha, maire-adjoint de la ville, les arpentent avec bonheur et facilité :  Ici, tout est plat et les trajets sont courts »,argumente-t-il. Il y a plus de vélos que d’habitants. Mais en ce moment, c’est plus difficile de les rencontrer, avec le froid et la pluie, sourit-il pour expliquer le peu d’utilisateurs croisés ce jour-là. Tous les habitants possèdent un vélo dans la ville. Il y a aussi des vélos qui sont disponibles ici, gratuitement, pour ceux qui viennent .

 

Un exemple qui tranche avec la politique des pistes cyclables dans les grandes villes portugaises. Porto, par exemple, ne possède que quinze kilomètres de pistes, bien qu’un projet de cinquante kilomètres supplémentaires ait été annoncé, au printemps dernier par la mairie avec 130 places de parking en plus (actuellement, il y en a 521) et Lisbonne devrait annoncer 200 kilomètres d’ici à la fin de l’année.

 

 Dans les années 1960 beaucoup de Portugais utilisaient le vélo , indique Vera Diogo, responsable, à Porto, de Mubi, l’association pour la mobilité cycliste urbaine.

 

 Il n’y a pas eu d’investissements publics ou privés. Nous voulons qu’il y ait une meilleure connexion entre les itinéraires cyclables, plus de lieux pour garer son vélo et que la politique de la ville inclut davantage les cyclistes. 

 

Encore peu de cyclistes

Si la bicyclette portugaise alimente les marchés européens, sa pratique est encore loin d’être développée sur son propre territoire. Nul n’est prophète en son pays.

 

Pratique du vélo exceptée, le Portugal est en parfait accord avec la loi climat, adoptée par le Parlement européen à l’automne. La présidence portugaise promet de promouvoir une relance, dotée de 750 milliards d’euros,  portée par les transitions climatiques et numériques .

 

Ainsi, le 17 décembre, le gouvernement d’Antonio Costa s’est opposé, avec quatre autres pays, au plan  hydrogène  soutenu par l’Allemagne et la France, au motif qu’il ne provenait pas assez des énergies renouvelables. Quand le Premier ministre dit  vert » , ce n’est pas  bleu » , surnom de l’hydrogène issu du gaz fossile.

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